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Pour les entreprises

Habilitation électrique des intérimaires et sous-traitants : qui habilite qui ?

Dès que plusieurs employeurs interviennent sur un même site, trois questions se posent : qui forme, qui délivre l'habilitation électrique, qui vérifie ? Pour un intérimaire, c'est l'entreprise utilisatrice qui délivre l'habilitation, pour la durée de la mission. Les salariés d'un sous-traitant sont habilités par leur propre employeur, et l'entreprise d'accueil organise leur intervention. Chaque situation est reprise ci-dessous avec ses textes : intérim, entreprise extérieure, salarié détaché, groupement d'employeurs, travailleur étranger.

Mise à jour le . 10 parties

Le principe : l’employeur habilite, pour les opérations qu’il confie

Les opérations sur les installations électriques ou dans leur voisinage sont réservées aux travailleurs habilités (article R.4544-9 du Code du travail). L’habilitation est délivrée par l’employeur, dans les limites des attributions confiées au travailleur, après s’être assuré qu’il a reçu la formation théorique et pratique nécessaire. L’employeur lui remet aussi un carnet de prescriptions (article R.4544-10).

Quand plusieurs entreprises interviennent, trois rôles distincts sont souvent confondus :

RôleCe qu’il recouvreQui le tient
FormerDispenser la formation théorique et pratique, évaluer, remettre une attestation de formation et un avisUn organisme de formation ou un formateur interne ; un organisme agréé pour les travaux sous tension
HabiliterSigner le titre qui autorise des opérations précises, sur des installations précisesL’employeur ; pour un intérimaire, l’entreprise utilisatrice
Vérifier et organiserS’assurer que chaque intervenant est habilité pour ce qu’il va faire sur le site, et organiser la coactivitéL’entreprise qui accueille l’intervention

Deux conséquences pratiques. Un titre ne se transmet pas d’un employeur à l’autre : il vaut pour les opérations confiées par celui qui l’a signé. Et personne ne peut s’auto-habiliter, ni un travailleur indépendant, ni un auto-entrepreneur, ni un employeur (INRS). Le contenu du titre est détaillé dans l’article titre d’habilitation électrique.

Tableau de synthèse : qui forme, qui habilite, qui vérifie

SituationQui organise la formationQui délivre l’habilitationQui vérifie et organise sur le siteTextes
Salarié de l’entrepriseL’employeurL’employeurL’employeur : registre des titres, revue de l’adéquation au posteR.4544-9, R.4544-10
IntérimaireFormations exigées par le poste : en principe l’entreprise de travail temporaire (OPPBTP). Formation pratique à la sécurité du site : l’entreprise utilisatriceL’entreprise utilisatrice, pour la durée de la mission (INRS)L’entreprise utilisatriceL.1251-21, L.1251-43, L.4141-2, L.4154-2
Salarié d’une entreprise extérieure ou d’un sous-traitantSon employeurSon employeur (INRS)L’entreprise utilisatrice : inspection commune, plan de prévention, accès aux installations. L’entreprise extérieure : information de ses salariés sur le lieu des travauxR.4511-1, R.4512-2, R.4512-6, R.4512-7, R.4512-15
Salarié détaché en France par une entreprise établie à l’étrangerSon employeurSon employeur, en appliquant les règles françaisesL’entreprise qui accueille l’interventionL.1262-4, R.4544-9, R.4544-10
Salarié mis à disposition par un groupement d’employeursNon précisé par les textes consultés : à fixer par écrit entre le groupement et l’adhérentNon traité par la FAQ de l’INRS : à fixer par écritL’adhérent utilisateur, responsable des conditions d’exécution du travailL.1253-12
Travailleur indépendantLui-mêmeAucune : il ne peut pas s’auto-habiliter et conserve son attestation de formation (INRS)L’entreprise qui fait appel à lui, en pratiqueFAQ INRS

Les cases « à fixer par écrit » signalent un point que ni le Code du travail ni la FAQ de l’INRS ne tranchent directement : mieux vaut le régler avant la première intervention.

Intérimaires

L’entreprise utilisatrice délivre l’habilitation pour la mission

La FAQ de l’INRS est explicite : pour un travailleur intérimaire, c’est l’entreprise utilisatrice, et non l’entreprise de travail temporaire, qui délivre l’habilitation, pour la durée de la mission. La règle découle de l’organisation de l’intérim : pendant la mission, l’entreprise utilisatrice est responsable des conditions d’exécution du travail, et la santé et la sécurité au travail en font partie (article L.1251-21). C’est elle qui connaît ses installations et les opérations qu’elle confie.

Le titre signé pour une mission ne suit pas l’intérimaire dans sa mission suivante. Chez une autre entreprise utilisatrice, un nouveau titre est nécessaire, même si la formation reste valable.

Ce que le Code du travail impose à l’entreprise utilisatrice

  • Une formation pratique et appropriée à la sécurité. L’employeur l’organise notamment pour les salariés temporaires, sauf exception pour des travaux urgents liés à la sécurité (article L.4141-2). Pour un intérimaire, l’OPPBTP la rattache à l’entreprise utilisatrice : elle porte sur les risques du site et du poste.
  • Une formation renforcée à la sécurité pour les postes à risques particuliers. Les salariés temporaires affectés à un poste présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité bénéficient d’une formation renforcée à la sécurité, d’un accueil et d’une information adaptés. La liste de ces postes est établie par l’employeur, après avis du médecin du travail et du comité social et économique s’il existe (article L.4154-2).
  • Une présomption de faute inexcusable. Si un salarié temporaire affecté à l’un de ces postes est victime d’un accident du travail sans avoir reçu cette formation renforcée, la faute inexcusable de l’employeur est présumée établie (article L.4154-3).
  • Un contrat de mise à disposition précis. Il mentionne notamment les caractéristiques particulières du poste, en indiquant s’il figure sur la liste des postes à risques particuliers, la qualification professionnelle exigée, et la nature des équipements de protection individuelle, en précisant s’ils sont fournis par l’entreprise de travail temporaire (article L.1251-43).

La demande de mission : ce qu’il faut écrire

La demande adressée à l’agence alimente le contrat de mise à disposition. Pour une mission qui comporte des opérations électriques, précisez :

RubriqueCe qu’il faut préciser
Qualification exigéeLes opérations réelles (par exemple remplacement à l’identique hors tension, dépannage, consignation), les symboles attendus (BS, BR, B1V, BC…) et le domaine de tension
Poste à risques particuliersSi le poste figure sur la liste établie par l’entreprise (article L.4154-2)
Justificatifs attendusEn pratique : l’attestation de formation précisant les symboles visés, sa date et le résultat des évaluations ; l’attestation d’absence de contre-indications médicales si les opérations l’exigent
Équipements de protectionLa nature des EPI et qui les fournit (article L.1251-43)
AccueilLa date de l’accueil sécurité et la personne qui signera le titre pour la mission

Pour choisir les symboles à partir des tâches, voir les types d’habilitation électrique ou le quiz d’orientation. Certains gestes ne demandent pas d’habilitation : remplacer une lampe, remplacer à l’identique un fusible ou réarmer un disjoncteur sur du matériel non détérioré de protection IP2X ou IPXXB peut être confié à une personne avertie, hors local à risques particuliers. Détail sur la page gestes courants et habilitation électrique et sur la fiche BS et BE Manœuvre.

À l’arrivée de l’intérimaire

  1. Vérifier la formation. Attestation de formation, symboles, date et correspondance avec les opérations prévues. Un titre signé par une autre entreprise utilisatrice prouve une habilitation passée, pas une habilitation chez vous.
  2. Décider d’un complément. Si la formation est ancienne ou ne couvre pas toutes les opérations, prévoir une évaluation, un complément ou un recyclage avant toute opération. Repères de périodicité : le recyclage de l’habilitation électrique.
  3. Vérifier l’attestation médicale quand elle est requise. Elle est exigée pour les travaux sous tension et pour les travaux et interventions d’ordre électrique au voisinage de pièces nues sous tension ; elle ne concerne pas les symboles B0, H0 et BS. Détail : habilitation électrique et suivi médical.
  4. Accueillir et former à la sécurité du site. Consignes, zones, procédure de consignation, rôle du chargé d’exploitation électrique s’il existe (article L.4141-2).
  5. Signer le titre pour la durée de la mission et remettre le carnet de prescriptions qui accompagne l’habilitation (article R.4544-10).
  6. Tenir le registre. Inscrire la date de fin de mission comme échéance du titre. Modèle de registre : organiser la formation habilitation électrique de ses équipes.

Qui finance la formation d’un intérimaire

Le Code du travail ne contient pas d’article qui répartisse ce coût entre l’agence et l’entreprise utilisatrice. Selon l’OPPBTP, les formations exigées pour tenir le poste sont en principe à la charge de l’entreprise de travail temporaire, qui doit s’assurer que l’intérimaire est compétent pour sa mission ; l’entreprise utilisatrice ne les prend en charge qu’avec son accord. La formation pratique à la sécurité propre au site reste du ressort de l’entreprise utilisatrice.

Les entreprises de travail temporaire relèvent de l’OPCO AKTO. Les conditions de prise en charge d’une formation à l’habilitation se vérifient auprès de l’agence. Les formations préalables à l’habilitation ne sont pas éligibles au CPF. Voir aussi les financements selon le statut.

Entreprises extérieures et sous-traitants

Chaque entreprise habilite ses propres salariés

Selon la FAQ de l’INRS, les sous-traitants sont habilités, le cas échéant, par leur employeur. L’entreprise utilisatrice ne signe donc pas le titre des salariés d’un prestataire. La même règle vaut en cascade : le salarié d’un sous-traitant de rang 2 est habilité par son propre employeur, pas par le titulaire du marché.

L’INRS ajoute que la prévention du risque électrique doit être organisée, notamment par un plan de prévention, et que les accès à l’installation sont donnés par le chargé d’exploitation électrique, s’il existe.

Les étapes imposées par le Code du travail

Ces règles s’appliquent dès qu’une entreprise extérieure fait intervenir des travailleurs pour exécuter ou participer à une opération, quelle que soit sa nature, dans un établissement de l’entreprise utilisatrice, y compris dans ses dépendances ou chantiers (article R.4511-1).

ÉtapeQuiTexte
Inspection commune des lieux de travail, des installations et des matériels mis à disposition, avant l’opérationEntreprise utilisatrice et entreprises extérieures, sous-traitants compris (INRS)R.4512-2
Analyse commune des risques liés à l’interférence entre les activités, installations et matérielsChefs des entreprises utilisatrice et extérieuresR.4512-6
Plan de prévention arrêté d’un commun accord avant le début des travaux, lorsque ces risques existentMêmes employeursR.4512-6
Plan de prévention écrit : au moins 400 heures de travail prévisibles sur 12 mois au plus, ou travaux dangereux de l’arrêté du 19 mars 1993Mêmes employeursR.4512-7
Accès aux installations électriquesChargé d’exploitation électrique, s’il existeFAQ INRS
Travaux sous tension confiés à l’entreprise extérieure : ordre écrit justifiant la nécessité de travailler sous tensionChef de l’établissement où ils sont effectuésR.4544-7
Information des salariés affectés aux travaux, sur le lieu même, avant le début : dangers, mesures de prévention, zones dangereuses, protections, accès et issues de secoursChef de l’entreprise extérieureR.4512-15
Arrivée d’un nouveau sous-traitant en cours d’opération : réexamen des mesures de préventionEntreprises concernéesINRS

La liste de l’arrêté du 19 mars 1993 comprend les travaux exposant au contact avec des pièces nues sous tension supérieure à la très basse tension. Pour ces travaux, le plan de prévention doit être écrit quelle que soit la durée de l’opération.

Contrôler les titres des intervenants

Aucun article consulté ne fixe la forme de ce contrôle. En pratique, il s’intègre à la préparation du plan de prévention et se fait avant l’accès aux installations. L’attestation de formation seule ne suffit pas : l’intervenant doit être habilité, c’est-à-dire titulaire d’un titre signé par son employeur.

À demander au prestatairePourquoi
Liste nominative des intervenants et opérations prévuesRapprocher chaque opération d’un intervenant
Symboles, domaines de tension et installations mentionnés sur chaque titreVérifier que le titre couvre les opérations du plan de prévention
Date de fin de validité de chaque titreLa validité est fixée par l’employeur ; un titre échu n’habilite plus
Attestation d’absence de contre-indications médicales, pour les travaux sous tension et les opérations d’ordre électrique au voisinage de pièces nues sous tensionLa validité de l’habilitation en dépend (articles R.4544-10 et R.4544-11)
Pour des travaux sous tension : titre portant l’attribut T et ordre écrit du chef d’établissementArticles R.4544-7 et R.4544-11
Nom de la personne qui consigne, et de qui elle dépendRépartir clairement la consignation entre les entreprises

Pour vérifier l’ensemble de votre propre dispositif, utilisez la check-list de conformité de l’employeur.

L’accueil sécurité des intervenants

Avant le début des travaux et sur le lieu même de leur exécution, le chef de l’entreprise extérieure informe ses salariés des dangers spécifiques auxquels ils sont exposés et des mesures de prévention prises (article R.4512-15). L’information porte aussi sur les zones dangereuses, les dispositifs de protection collective et individuelle, les voies d’accès et les issues de secours. Elle repose sur ce que l’entreprise utilisatrice a transmis lors de l’inspection commune : l’accueil est donc préparé à deux.

Pour une intervention électrique, cet accueil précise en particulier les limites de la zone de travail, les points de consignation, la personne qui délivre les accès et la conduite à tenir en cas d’accident d’origine électrique.

Salariés détachés en France

L’employeur établi à l’étranger qui détache temporairement un salarié en France doit lui garantir l’égalité de traitement avec les salariés des entreprises de la même branche établies en France. Les règles relatives à la santé et à la sécurité au travail en font partie (article L.1262-4).

Un salarié détaché qui réalise des opérations sur des installations électriques ou à leur voisinage doit donc être habilité (article R.4544-9), par son employeur (article R.4544-10). Aucun des textes consultés ne prévoit d’équivalence automatique pour une formation suivie à l’étranger : l’employeur doit s’assurer que le salarié a reçu la formation théorique et pratique correspondant aux opérations confiées.

Lorsque l’intervention a lieu dans l’établissement d’une entreprise utilisatrice, l’entreprise d’accueil organise l’inspection commune et le plan de prévention comme pour tout prestataire, et contrôle les titres de la même façon. La langue de la formation et des consignes est traitée plus bas.

Groupements d’employeurs

Un groupement d’employeurs emploie des salariés et les met à disposition de ses adhérents. Pendant la mise à disposition, l’utilisateur est responsable des conditions d’exécution du travail déterminées par les dispositions applicables au lieu de travail, dont la santé et la sécurité au travail (article L.1253-12).

La FAQ de l’INRS ne traite pas le cas du groupement. Faute de règle explicite, fixez par écrit, avant la première mise à disposition : qui organise la formation, qui signe le titre et pour quelles installations, qui tient le registre et qui suit les échéances. Un salarié partagé entre plusieurs adhérents intervient sur des installations différentes : le titre doit correspondre à chacune des situations de travail.

Travailleurs étrangers et non francophones

Un travailleur étranger employé par une entreprise établie en France suit les mêmes règles que tout salarié : formation, titre signé par l’employeur, carnet de prescriptions, attestation médicale si les opérations l’exigent.

La langue compte. Le Code du travail prévoit que « la formation dispensée tient compte de la formation, de la qualification, de l’expérience professionnelles et de la langue, parlée ou lue, du travailleur appelé à en bénéficier » (article R.4141-5). Pour l’habilitation, l’employeur doit s’assurer que le salarié a reçu une formation qui lui donne la connaissance des risques liés à l’électricité et des mesures à prendre pour intervenir en sécurité (article R.4544-10). Une formation ou une évaluation que le salarié ne comprend pas ne permet pas cette vérification.

En pratique :

  • indiquez la langue et le niveau de français des stagiaires dès la demande de devis, pour que l’organisme de formation précise ce qu’il peut proposer ;
  • vérifiez que le salarié a compris les consignes du site et le carnet de prescriptions qui lui est remis ;
  • pour un salarié détaché, appliquez les mêmes précautions avec son employeur.

Indépendants intervenant sur un site

Un travailleur indépendant ne peut pas s’auto-habiliter. Il doit avoir les mêmes connaissances qu’un salarié qui réalise ces opérations, et l’INRS recommande qu’il conserve une attestation de formation précisant les symboles visés et les résultats de l’évaluation. L’entreprise qui fait appel à lui peut demander cette attestation. Voir habilitation électrique et auto-entrepreneur.

Responsabilités et sanctions

  • Employeur. Faire effectuer des opérations électriques par un travailleur non habilité expose l’employeur, en cas de faute personnelle, aux sanctions pénales de l’article L.4741-1 du Code du travail. L’amende est appliquée autant de fois qu’il y a de travailleurs concernés.
  • Intérim. Pour un poste à risques particuliers, l’absence de formation renforcée à la sécurité fait présumer la faute inexcusable en cas d’accident du travail (article L.4154-3).
  • Coactivité. Le plan de prévention définit les mesures prises par chaque entreprise : il sert aussi à établir qui devait faire quoi.

L’ensemble des obligations est présenté dans l’article habilitation électrique : obligations de l’employeur. Pour les travaux sous tension, voir travaux sous tension et habilitation.

Sources

Consultées le 13 septembre 2026.

Questions fréquentes

Qui délivre l'habilitation électrique d'un intérimaire ?

L'entreprise utilisatrice, et non l'entreprise de travail temporaire : selon la FAQ de l'INRS, elle délivre l'habilitation pour la durée de la mission. C'est cohérent avec l'article L.1251-21 du Code du travail, qui rend l'entreprise utilisatrice responsable des conditions d'exécution du travail pendant la mission, santé et sécurité comprises. Elle vérifie la formation de l'intérimaire avant de signer le titre.

Qui paie la formation à l'habilitation électrique d'un intérimaire ?

Selon l'OPPBTP, les formations exigées pour tenir le poste sont en principe à la charge de l'entreprise de travail temporaire ; l'entreprise utilisatrice ne les prend en charge qu'avec son accord. L'entreprise utilisatrice assure en revanche la formation pratique à la sécurité propre à son site (article L.4141-2). Les entreprises de travail temporaire relèvent de l'OPCO AKTO. Les formations préalables à l'habilitation ne sont pas éligibles au CPF.

Faut-il habiliter les salariés d'un sous-traitant qui interviennent sur notre site ?

Non. Selon l'INRS, les sous-traitants sont habilités, le cas échéant, par leur propre employeur. L'entreprise utilisatrice organise la prévention : inspection commune préalable, plan de prévention, accès aux installations donné par le chargé d'exploitation électrique s'il existe. En pratique, elle demande la liste des intervenants et les symboles de leurs titres avant l'accès.

Un plan de prévention écrit est-il obligatoire pour des travaux électriques confiés à une entreprise extérieure ?

Il est obligatoire lorsque l'opération représente au moins 400 heures de travail prévisibles sur 12 mois au plus, ou lorsqu'elle comprend des travaux dangereux de la liste fixée par l'arrêté du 19 mars 1993 (article R.4512-7). Cette liste comprend les travaux exposant au contact avec des pièces nues sous tension supérieure à la très basse tension. En dessous, le plan de prévention reste requis dès que l'analyse commune fait apparaître des risques d'interférence (article R.4512-6), sans forme écrite imposée.

Un travailleur étranger peut-il suivre la formation dans sa langue ?

Le Code du travail impose que la formation à la sécurité tienne compte de la langue, parlée ou lue, du travailleur (article R.4141-5). Pour l'habilitation, l'employeur doit s'assurer que le salarié a reçu une formation qui lui donne la connaissance des risques et des mesures à prendre (article R.4544-10) : une formation qu'il ne comprend pas ne le permet pas. Indiquez la langue du stagiaire dès la demande de devis.

Un salarié détaché en France par une entreprise étrangère doit-il être habilité ?

Oui s'il réalise des opérations sur des installations électriques ou à leur voisinage. L'employeur qui détache un salarié en France doit appliquer les règles françaises de santé et de sécurité au travail (article L.1262-4), dont l'obligation d'habilitation (article R.4544-9). Le titre est délivré par son employeur (article R.4544-10).

Des travaux sous tension peuvent-ils être confiés à une entreprise extérieure ?

Oui, mais ils ne peuvent être entrepris que sur un ordre écrit du chef de l'établissement où ils sont effectués, justifiant la nécessité de travailler sous tension, y compris lorsqu'ils sont confiés à une entreprise extérieure (article R.4544-7). Les intervenants doivent détenir l'habilitation spécifique aux travaux sous tension, délivrée après une formation dans un organisme agréé.

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